Spolier : Il n’y en a pas ! Sauf à considérer l’imaginaire qui entoure ces animaux marins et qui est relaté ici, il n’existe pas de différence entre un poulpe et une pieuvre, ce sont des synonymes. Toutefois, définir le bel animal tentaculaire s’impose et raconter son histoire au travers de récits d’hommes marins ou pas ne peut que vous intéresser.

Définition du poulpe ou de la pieuvre

Parlons plutôt du poulpe pour définir l’animal. Considérons que la pieuvre est un synonyme. Le poulpe est un mollusque céphalopode à longs bras appelés tentacules, elles mêmes armées de ventouses. Étymologiquement, le poulpe vient par l’intermédiaire de l’occitan porpre, du latin polypus qui est issu du grec  πολύπους, en lettres latines polúpous pour signifier « qui a plusieurs pieds ». La pieuvre, elle, tire son nom du normand guernesiais, et c’est Victor Hugo qui en 1866 dans son ouvrage Les Travailleurs de la mer exploite la première fois ce mot provenant également de polypus.

Octopodes, les poulpes et pieuvres sont des noms vernaculaires désignant en français certains céphalopodes benthiques du sous-ordre Incirrina. Ces animaux se caractérisent, au sein des céphalopodes, par leurs huit bras et leur intelligence très remarquable. Le corps est entièrement souple hormis un bec à l’instar des perroquets. Récemment, le génome d’un céphalopode, plus précisément la pieuvre Octopus bimaculoides, été séquencé. Du point de vue de l’ADN, le poulpe a davantage de gènes codant pour des protéines que l’Homme et ceux destinés à développer les neurones. Plus de gênes également permettent de modifier les colorations de la peau. L’intelligence remarquable vient de là et certains y voient une distinction tout à fait hors norme par rapport au règne animal.

L’usage courant de pieuvre a remplacé celui de poulpe qui est toutefois parfaitement exploité dans d’autres circonstances, jusqu’à faire l’objet de romans policiers (La série Le Poulpe) également retranscrite au cinéma avec l’excellent Jean-Pierre Darroussin.

Différents chiffres sur les poulpes et pieuvres

Une étude s’est intéressée à la population des poulpes dans les océans. Il se trouve que le nombre a explosé depuis soixante ans. et cela pourrait avoir un impact sur l’ensemble de la faunes marine dans la mesure où les pieuvres sont des prédateurs redoutables. Du moment que la pieuvre géante du Pacifique qui peut mesurer dix mètres ne prolifère pas trop… Avec ses huit bras et ses possibles 200 ventouses par bras, cette belle bête peut présenter au total 1600 ventouses à coller sur toutes les surfaces.

Côté reproduction, poulpes et pieuvres pondent des œufs bien que ce ne soient pas des mammifères 🙂 En la matière, les œufs éclosent après 6 mois en moyenne laissant place à des bébés à tentacules comprenant trois cœurs. Il existe environ 800 espèces de poulpes sur la planète et on les retrouve à différents niveaux de profondeur dans les mers et océans. Ces animaux, proches des côtes, adorent le sable et c’est notamment le cas de notre Octopus bimaculoides. L’intelligence des poulpes est reconnue aussi pour sa capacité à résoudre des problèmes, en faisant l’un des animaux à la plus forte intelligence dans l’évolution animale. Rappelons enfin que les premières pieuvres ont 270 millions d’années.

Arts et divertissement des poulpes

La pieuvre décrite par Victor Hugo dans Les travailleurs de la Mer n’est qu’un épisode mythique parmi d’autres pour l’animal. Dans le street art, vous retrouverez aussi le dénommé Kraken qui peint au pinceau des poulpes dans Paris, Paul Le Poulpe donnait les résultats de football lors de la Coupe du Monde de 2010. En voici une vidéo :

L’animal est mort quelques mois plus tard, sa mort ayant été annoncée le 26 octobre de la même année.

La pieuvre est aussi l’autre nom donné à la mafia en ce qu’elle a de tentaculaire. De nombreux films évoquent le sujet, le Parrain notamment. Les tentacules ont en effet fait fantasmer beaucoup de metteurs en scène dans la mesure où couper un tentacule ne supprime pas la bête. Certes, ces bras ne repoussent pas mais n’empêchent pas généralement la survie de l’animal.