Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est l’une des créatures les plus emblématiques du monde. Non seulement il s’agit d’une espèce massive de requin maquereau que l’on trouve dans tous les océans, mais il a également attiré une attention incroyable en raison de sa taille et de son comportement. Les plus grands spécimens femelles de grands blancs peuvent atteindre 6,1 m de long, tandis que les mâles ont tendance à mesurer entre 3,4 et 4 mètres à maturité, ce qui démontre l’immense puissance et le potentiel danger pour l’homme qui se cachent sous les vagues. Des études récentes ont également révélé que les grands requins blancs ont une durée de vie bien plus longue que ce que l’on pensait auparavant, jusqu’à 70 ans ou plus, ce qui fait de ces animaux l’un des poissons cartilagineux à la vie la plus longue actuellement connue.

Les spécificités prédatrices du Grand Requin blanc

Le grand requin blanc est un prédateur impressionnant, qui n’a pas d’ennemis naturels (on parle de « prédateur apex »), à l’exception des orques en de très rares occasions. Atteignant des tailles supérieures à la plupart des autres macro-prédateurs connus, ces prédateurs utilisent leur force pour cibler les mammifères marins et divers autres animaux tels que les poissons et les oiseaux de mer. Le grand requin blanc n’est pas seulement impressionnant par ses tactiques de prédation, il est aussi unique en son genre puisqu’il est la seule espèce restante du genre Carcharodon. Malheureusement, cette créature remarquable a également acquis une certaine notoriété car elle a été enregistrée parfois comme mordant les humains plus que d’autres espèces de requin, bien plus qu’un requin citron par exemple.

Une espèce fragile qui doit être protégée

Le grand requin blanc est confronté à de nombreux défis dans la nature et, en raison de son statut vulnérable, il est reconnu par l’Union internationale pour la conservation de la nature comme nécessitant une protection internationale. Des pays, dont l’Australie, ont adopté des lois pour protéger l’espèce en raison de ses migrations océaniques et du régime alimentaire spécialisé dont chaque requin a besoin. Malheureusement, aucun aquarium n’a réussi à héberger un grand requin blanc ; la logistique est trop difficile pour fournir le type de soins requis, non seulement pour son régime alimentaire mais aussi pour l’espace nécessaire à ses habitudes de chasse et à ses déplacements. Bien que des tentatives aient été faites dans le passé, il semble qu’il restera impossible de maintenir ces espèces en vie en captivité.

Grand Requin Blanc : La manière de chasser les proies

Le grand requin blanc est une créature évidemment impressionnante et redoutée car il possède entre 44 et 52 dents, une ouïe très fine et un odorat incroyablement sensible. On estime que le grand requin blanc peut sentir aussi peu qu’une goutte de sang dans plus de 4,6 millions de litres d’eau, et qu’il peut entendre ses proies jusqu’à un kilomètre de distance, ce qui lui permet de cibler rapidement son prochain repas. Heureusement pour ceux d’entre nous qui craignent le chasseur aux dents brillantes, les attaques de requins sont extrêmement rares.

La contre-illumination

La contre-illumination est une tactique de camouflage unique employée par les grands requins blancs pour éviter d’être détectés. En sécrétant des photophores spéciaux émettant de la lumière sur tout leur corps, ces bêtes ont la capacité de refléter et de masquer leur présence dans les profondeurs de l’océan. Par conséquent, les prédateurs comme les orques, les dauphins et les phoques ont très peu de chances de les repérer facilement. La nature et la complexité avec lesquelles le requin applique inconsciemment cette technique continuent d’impressionner les scientifiques. Ici en vidéo :

La prise des proies

Les grands requins blancs sont réputés pour leur puissante technique de chasse, la brèche. Il s’agit d’approcher une proie par en dessous, puis de se lancer hors de l’eau pour l’attraper. Cette incroyable manœuvre est généralement utilisée pour chasser les phoques, comme les otaries à fourrure du Cap que l’on trouve autour de False Bay en Afrique du Sud. Jusqu’à récemment, capturer ce comportement était très difficile et nécessitait beaucoup de patience et d’habileté. Toutefois, grâce aux photographies de Chris Fallows et Rob Lawrence, qui ont mis au point une méthode permettant de remorquer un leurre de phoque près de la surface, les scientifiques ont enfin pu photographier cette technique impressionnante dans toute sa splendeur.

Le film culte Les Dents de la mer

Le roman Les dents de la mer de Peter Benchley et son adaptation cinématographique par Steven Spielberg ont sensibilisé le public au grand requin blanc. En dépit de ces craintes, des études ont montré que l’homme est loin d’être une proie privilégiée de cette espèce ; cependant, il est toujours responsable du plus grand nombre d’attaques mortelles de requins identifiées dans des situations non provoquées. Bien qu’elles soient encore relativement rares dans l’ensemble, avec une moyenne d’environ 10 attaques par an dans le monde, il est important de prendre des mesures pour éviter les situations d’attaque potentielle avec tout type d’espèce de requin. Heureusement, la connaissance peut nous aider à mieux comprendre nos mers et à accroître la sécurité lorsque nous passons du temps dans l’eau.

Le film d’horreur grand public réalisé par Steven Spielberg en 1975, particulièrement à l’origine des phobies entourant les requins, mettait en vedette Roy Scheider dans le rôle du chef de police Brody, Robert Shaw dans celui de Quint et Richard Dreyfuss dans celui du biologiste marin Hooper. Ensemble, ils se lancent dans les eaux de l’île d’Amity pour affronter le grand requin blanc mortel qui a fait des ravages sur la plage. Les trois hommes forment une alliance difficile pour chasser la bête et rétablir la paix et la sécurité dans leur communauté. Avec certaines des plus belles images de Spielberg, Les Dents de la mer est rapidement devenu un thriller maritime intemporel mettant sur un piédestal le Grand Requin Blanc comme l’un des prédateurs les plus effrayants du règne animal.

Un Grand Requin Blanc en Camargue ?

C’est une expérience assez particulière qu’ont vécue les plaisanciers d’un bateau touristique au large des Bouches-du-Rhône, près de Marseille en Camargue, qui ont été légèrement surpris par l’apparition soudaine d’un grand requin blanc de 5 mètres. Un phénomène beaucoup plus rare que les autres espèces de requins présentes en Méditerranée, comme les requins bleus ou les makos. Il a fallu une première surprise à toutes les personnes présentes lorsqu’elles ont réalisé que ce prédateur nageait à proximité et ce moment magique restera sans doute gravé dans la mémoire de chacun.

Ces plaisanciers en vacances ont eu de la chance en observant et en capturant un grand requin blanc à la caméra ! Voici cette vidéo :

R.C.