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Que voir au Mans dans la Sarthe ? Vieille ville et cathédrale

Que voir au Mans dans la Sarthe ? Vieille ville et cathédrale

Si vous vous rendez au Mans dans la Sarthe, pensez à faire une visite de la vieille ville qui est à deux pas du centre plus commercial et moderne, traversé par un tramway. Dans ce sujet, nous voyons que l’enceinte ancienne sur les hauteurs de la ville de Le Mans remonte à l’époque romaine (en particulier avec la redécouverte des thermes et le mur défensif de l’époque). La cathédrale Saint-Julien, magnifique édifice de première construction romane, dispose de vitraux somptueux qui n’ont rien à envier à son homologue de Chartres.

Petite Histoire de Le Mans

L’Histoire de la ville du Mans remonte aux Cénomans qui étaient une tribune gauloise rattachée aux Aulerques. Ils étaient présents en ces lieux en 52 avant Jésus-Christ selon Jules César. 5000 Cénomans furent convoqués pour secourir Vercingétorix à Alésia.

On ne sait pas trop dans quelle mesure les gaulois avaient fortifié le lieu qu’ils nommèrent Vindunum (étymologiquement « colline blanche et fortifiée ») d’après Ptolémée au deuxième Siècle mais les romains trouvèrent rapidement en ce lieu l’occasion d’élever des constructions pour tenir la région.

Musée Vieille Ville Le Mans

Profitez de votre visite pour découvrir le musée de la Reine Bérangère ; On y retrouve des peintures, dessins et gravures évoquant Le Mans au XIXe siècle avant les grandes transformations urbaine.

C’est au 3ème Siècle, sous la domination de l’empereur Aurélien (270-275) que les premières bases de la fortification actuellement visible sont jetées. On y décèle nécessairement ici une priorité militaire en vertu du fait que ces fortifications protègent ladite colline blanche.

A la suite des invasions barbares, la ville passe sous le joug des mérovingiens puis des bretons alliés aux normands par la suite. En 1065, celui qui allait devenir Guillaume le Conquérant prend Le Mans au même titre que nombreux châteaux et villes de Normandie.

La ville se développe ensuite durant tout le Moyen-Âge, passant avec succès les époques comme la Guerre de Cent Ans, la construction d’une cathédrale romane puis gothique, le palais épiscopal et le palais comtal, la création d’un château et d’un donjon.

L’enceinte romaine du Mans à voir absolument

Parfaitement conservée, cette dernière demeure un vestige tout à fait comparable à celui de Rome ou de Constantinople de nos jours. Cette enceinte romaine avait une vocation défensive mais aussi un intérêt marqué pour montrer la domination de l’Empire Romain sur les régions barbares. De nombreux décors couvrent les tours et courtines (murs entre deux tours) depuis le Troisième Siècle de notre ère. Aujourd’hui encore, et depuis ce troisième Siècle, vous pouvez admirer la tour des Pans-de-Gorron, la tour Madeleine, l’arrachement de la tour Hureau, la tour des Diacres ou du Tunnel, la tour de l’Estang, la tour de Tucé, la tour des Ardents, la tour du Vivier, la tour des Écoles, la tour d’Oigny ou encore la tour du Petit Saint-Pierre. Promenez-vous également le long de cette enceinte en allant sur la poterne de Goudaine, la grande et la petite poterne ou celle de la Confrérie.

Fortifications à l’entrée de la Vieille Ville

Les calcaires et grès locaux sont particulièrement exploités pour ces réalisations. On estime de nos jours à 140000 tonnes de matériaux pour la construction de l’enceinte et pas moins de 400000 briques.

Si Clovis et les francs jouent leur rôle vers 510 en mettant fin aux invasions barbares, il faut attendre 850 pour voir ces fortifications jouer un rôle défensif face aux bretons qui prirent la ville. La remise en l’état de la muraille date de 869 sous la directive du roi Charles le Chauve. Par la suite, Guillaume le Bâtard et duc de Normandie, fit abattre les tours de la cathédrale du Mans pour construire une nouvelle porte de ville que l’on observe dans la collégiale royale de Saint-Pierre-la-Cour.

Le donjon que l’on peut observer est beaucoup plus récent et date de 1617 sur l’ordre de Louis XIII.

Les thermes romains du Mans à visiter

Si on connait une fréquentation gauloise dès 700 à 500 ans avant Jésus-Christ au Mans, il faut attendre cette période de trois siècles dite de « La Pax Romana » pour voir naître à Vindinum des thermes romains. Découverts en 1980, les thermes romains fonctionnaient en faisant venir l’eau par les aqueducs. Trois en tout que sont les aqueducs des Fontenelles, d’Isaac et celui qui était sur la source de la butte actuelle.

Restes des thermes Romains du Mans

On observe aujourd’hui gratuitement ces vestiges en se rendant en contrebas de la vieille ville du Mans et on pourra, au gré du parcours abrité, observer les différents parcours dans ces bains. Ainsi, le baigneur (indifférent homme ou femme à l’époque) suivait ceci à la lettre :

  1. L’apodyterium qui est le vestiaire ;
  2. Le Tepidarium qui est une salle tiède ;
  3. Le Caldarium qui est la salle chauffée avec bassins ;
  4. Le Laconicum ou « étuve sèche » ;
  5. Le Frigidarium ou « salle froide ».
  6. La Natatio était également une piscine découverte ;
  7. La Paelestra terminait le parcours comme cour extérieure.

La Cathédrale Saint-Julien au Mans

Il faut attendre la fin de l’époque romaine pour voir apparaître dans l’Histoire ce qui est aujourd’hui la Cathédrale Saint-Julien (au Vème Siècle). Toutefois, si vous observez bien la place et l’édifice, vous comprendrez que cette cathédrale s’inscrit, comme souvent, dans un lieu déjà chargé d’histoire ; Un menhir est adossé à celle-ci. D’abord dédiée à la vierge et au saints milanais Gervais et Protais, elle ne sera consacrée qu’à l’évangélisateur du Mans Saint-Julien qu’au IXème Siècle.

Beaux vitraux de la Cathédrale du Mans

C’est au milieu du XIème Siècle que les manceaux créent une cathédrale nouvelle, romane évidemment pour l’époque. La façade est à ce titre tout à fait remarquable. Le pignon en damier percé d’une belle fenêtre et les bas-reliefs historiés évoquant la tapisserie de Bayeux en témoignent.

Historiquement, le pape Urbain II invite là en 1093 les seigneurs manceaux à délivrer le tombeau du Christ à Jérusalem. En 1120, Hildebert de Lavardin dédicace « la plus belle église de l’Ouest » en présence de Foulques et Harembourg, les comtes du Maine et d’Anjou.

En 1128, Geoffroy Plantagenêt épouse Mathilde (la petite-fille de Guillaume) en cette même cathédrale et Henry II, futur roi d’Angleterre, y sera baptisé. Comme à Chartres, rapidement évoqué plus haut dans notre sujet, la cathédrale subit plusieurs incendies. C’est l’occasion de reconstruire la cathédrale en style gothique. Les voûtes de cette nature s’élèvent à 24 mètres et couvrent la nef longue de 60 mètres.

Le chœur de la cathédrale est agrandi en 1217. 13 chapelles la composent séparées par des fenêtres. C’est avec Goffroy de Loudun, en 1234, que les chantiers s’accélèrent. Le double déambulatoire naît et on peut observer avec intérêt le décor sculpté du triforium. Les fenêtres mancelles rappellent également celles de Notre-Dame de Paris et sont conçues par le même homme : Jean de Chelles.

Portail est de la cathédrale Saint-Julien

En 1254, le nouveau chœur culmine à 34mètres. On estime la fin des travaux sur la Cathédrale Saint Julien du Mans en 1430 avec l’harmonisation de la nef romane et le chœur gothique. Elle fut bien entendu à plusieurs occasions restaurées, en particulier au XIXème Siècle. La restauration partielle de la chapelle de la Vierge fut ainsi pratiquée.

On observera donc avec attention la chapelle Notre-Dame-du-Chevet dédiée à la Vierge le 20 avril 1254 par l’évêque Geoffroy de Loudun. La peinture murale sur la voûte est absolument remarquable et unique, composée de chœurs célestes d’anges musiciens et chanteurs. L’auteur est Jean de Bruges, peintre du Roi de France, connu pour les maquettes et cartons qui servirent de base à la confection de la grande tapisserie de l’Apocalypse d’Angers. Tous les textes liturgiques de cette chapelle sont dédiés à la Vierge (en latin). Les vitraux datent à la fois du XIIème Siècle et du XIX7me Siècle (période de restauration).

Chapelle dédiée à la Vierge du 13ème Siècle

Les grandes orges datent de 1519 ; Simon Hayneufvre dessina ainsi le buffet de l’orgue alors que Pierre Bert réalisa la tuyauterie. Au 16ème Siècle, toujours, un ensemble de tapisseries retraçant la vie de Saint-Julien fut créé. Il est toujours observable.

Les Grandes Orgues

C’est au 13ème Siècle que l’enrichissement et l’embellissement de l’édifice a lieu, que les vitraux superbes apparaissent. La grande et magnifique rosace du transept nord a été créée pendant la Guerre de Cent Ans.

Pour conclure la visite

Afin de bien terminer votre visite du Mans, pensez aussi à aller visiter le musée du circuit (les fameuses 24 heures du Mans) et à aller dans le centre-ville dynamique actuel. Là, vous trouverez de nombreux restaurants, bars et pourrez vous substanter agréablement des produits régionaux. Que dire de ces merveilleuses rillettes devenues si célèbres dans le monde entier ?

X.D.

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